Il y a quelque chose dans l'air.
Pas une certitude. Plutôt une vibration. Un changement de texture dans les conversations, dans les regards, dans la façon dont certains commencent à nommer ce qu'ils ressentent sans vraiment savoir comment l'appeler.
Quelque chose se déplace.
En même temps, le bruit monte.
Les discours de peur s'amplifient. L'agressivité des puissants s'affiche sans pudeur. La possession — des territoires, des ressources, des esprits — redevient ouvertement une valeur. Comme si certaines forces sentaient qu'elles ont peu de temps.
Ce n'est pas nouveau. C'est ancien.
La peur a toujours été l'outil le plus efficace pour maintenir les consciences dans un état de contraction. Un être qui a peur ne cherche pas — il se protège. Un être qui se protège ne s'ouvre pas. Un être qui ne s'ouvre pas ne peut pas traverser.
Dans Ce jour-là, cette tension est centrale. Quand les Kérans se présentent à l'humanité, ce n'est pas l'inconnu qui provoque la crise. C'est le miroir.
Mais le miroir n’est pas responsable des cicatrices que l’on y voit.
Et rien n'est plus déstabilisant pour un système fondé sur la peur que la présence calme de quelque chose qui n'a pas peur.
Je ne sais pas si nous vivons un effondrement ou si nous sommes à un seuil vers l’élévation.
Peut-être les deux. Peut-être que c'est la même chose.
Ce que j’observe — et ce que j'essaie de mettre en mots dans cette trilogie — c'est que les périodes de chaos les plus intenses ont souvent précédé des mutations profondes. Pas automatiquement. Pas pour tout le monde.
Mais pour ceux qui choisissent de rester éveillés.
Le Livre II — Le Saut de l'Ange — paraît le 7 avril.
Pour ceux qui ont traversé la Vague avec nous dans le Tome I — la suite commence.
From the threshold,
Michel

