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Suis-je en train d’incarner ce que je suis vraiment ou ce que l'on attend de moi ?

La différence semble évidente, pourtant elle ne l’est pas. Pas tant que nous sommes plongés dans notre quotidien ; sans la perspective nécessaire pour s’en apercevoir.

Parce que nous sommes des êtres d'adaptation, une espèce « sociale », nous avons appris très tôt à calibrer nos paroles, attitudes et actes selon les regards autour. À polir nos angles, à arrondir ce qui pourrait heurter ou attirer un peu trop d’attention. À sourire péniblement là où l'on doute. À montrer une version de nous-mêmes suffisamment acceptable pour traverser le monde sans trop de vagues.

C'est une intelligence de survie adaptée à notre environnement. Il ne faut pas la condamner.

Mais à un moment — et ce moment arrive toujours — ce bouclier devient un piège. L'on finit par ne plus savoir ce qu'il protège. Avec le temps, il nous égare.

Certains d’entre nous pensent que nous n’avons qu’une vie ; dans ce cas, pourquoi la passer à se cacher, à s’interdire d’être seulement soi ?

L'authenticité ne peut être une posture. C'est quelque chose de bien plus exigeant : la capacité à s'observer, à plonger au plus profond de notre être ; sans fard.

Certains appellent cela « la nuit noire de l’âme ».
Une nuit de l’ego où quelque chose nous rappelle que la sortie est vers le haut. Contre toute attente, c’est précisément un moment où l’on voit le soleil se lever en nous.

Regarder ce que l'on fait, ce que l'on dit, ce que l'on émet — et reconnaître, honnêtement, si cela vient vraiment de notre centre ou de la manière dont on nous a appris qu’il fallait être perçu.
À cet instant, cette injonction endémique ne tient plus.

— Parlons-en, du centre : un univers infini peut-il en avoir un ?
Si l’on y regarde de plus près, chaque atome, chaque cœur, chacun d’entre nous pourrait en être le centre.
Car un espace infini n’en a pas ; ou plutôt, tout point en est un…

Une chose que l’on peut faire : vivre en phase avec ce que notre âme propose en silence, sans se soucier davantage de ce que perçoivent les gens. Nous n’avons aucune prise sur leurs perceptions, leurs préjugés.

Être authentique, aujourd’hui, n’est plus naturel. C’est parfois vécu comme une sorte d’agression. Parce que cette façon d’être suppose que quelqu'un, en face, pourrait vivre sans faux-semblants.
Il ne s'agit pas d'être parfait. Il s'agit d'être cohérent, sans compromissions.

Cela dit, l’authenticité reste un choix : simplement celui d’être ou de paraître.
Et ce choix nous appartient.
C'est un travail quotidien, silencieux, sans spectateurs ni applaudissements. Il demande du courage. Mais la récompense est à la hauteur.

Notre âme sourira, heureuse d’avoir réellement vécu cette vie.

Depuis le Seuil,

Michel

Post-scriptum :

J’écris ceci le 17 mai — 1 + 7.
Les 3 livres de Ce Jour-là contiennent 17 chapitres.
Toujours 8. Toujours la lemniscate
Ce signe que l'infini est son propre centre.
Certains chiffres ne sont pas des coïncidences. Ils sont des synchronicités.

Libre Arbitre

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